À l’occasion du SENAGRI, le professeur Salif Gaye, coordonnateur de l’UFR des Sciences agronomiques, agroalimentaires et environnementales de l’Université Iba Der Thiam de Thiès (UFR S2AE),

post a livré lors d’une conférence une réflexion prospective sur l’Agriculture 4.0, l’intelligence artificielle et les compétences indispensables à la souveraineté alimentaire du Sénégal.

Selon le conférencier, l’agriculture sénégalaise doit désormais relever simultanément plusieurs défis : produire davantage, améliorer la qualité des produits, préserver les ressources naturelles et développer les compétences nécessaires pour conduire cette transformation. L’avenir du secteur reposera ainsi sur la combinaison de trois ressources stratégiques : le capital humain, le capital numérique et le capital territorial.

Le professeur Salif Gaye a souligné que la souveraineté alimentaire ne dépend plus seulement de la terre, de l’eau, des semences et des équipements. Elle exige également la maîtrise des données relatives aux sols, au climat, aux cultures, aux ressources hydriques, aux marchés et à la logistique. Ces informations permettront d’améliorer la planification, d’anticiper les risques et de mieux accompagner les producteurs.

L’intelligence artificielle pourrait notamment contribuer à la détection précoce des maladies, à l’optimisation de l’irrigation, à la prévision des rendements, à l’analyse des marchés et à la traçabilité des produits. Elle doit toutefois rester un outil d’aide à la décision destiné à renforcer, et non à remplacer, l’intelligence humaine.

À l’horizon 2035, chaque producteur pourrait disposer, sur son téléphone portable, d’un assistant intelligent lui recommandant les périodes optimales de semis, les itinéraires techniques adaptés ou les meilleures opportunités de commercialisation. À l’horizon 2050, des jumeaux numériques territoriaux pourraient intégrer les données climatiques, foncières, hydrologiques et économiques afin de mieux planifier la production et les investissements agricoles.

Pour le conférencier, le principal défi n’est donc pas technologique, mais humain. La souveraineté alimentaire commencera par la souveraineté des compétences. Le Sénégal devra former de nouveaux profils, notamment des conseillers agricoles numériques, des gestionnaires de données, des spécialistes en géomatique, des entrepreneurs AgTech et des experts en agriculture intelligente face au climat.

C’est dans cette perspective que l’UFR S2AE ambitionne de former non seulement des diplômés, mais aussi de véritables bâtisseurs de la souveraineté alimentaire, capables d’innover, d’entreprendre et de transformer durablement les systèmes agricoles.

En conclusion, le professeur Salif Gaye a rappelé que l’agriculture sénégalaise de demain reposera sur la convergence entre l’intelligence humaine, l’intelligence artificielle et l’intelligence territoriale. Une telle transformation exige avant tout d’investir dans la formation des femmes et des hommes qui sauront maîtriser ces outils et les mettre au service des territoires. C’est tout le sens de cette conviction forte : « Les récoltes de demain se préparent dans les salles de classe d’aujourd’hui. »

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Le Sénégal devra former de nouveaux profils, notamment des conseillers agricoles numériques, des gestionnaires de données, des spécialistes en géomatique

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