, guide religieux, acteur politique et citoyen, après sa décision de quitter le parti d'Ousmane Sonko
Par Oumar Sarr, journaliste et Consultant en Marketing et communication
Serigne Gaye Ndiéguéne, pourquoi quittez-vous le PASTEF aujourd’hui ?
Serigne Gaye Ndiéguéne : Je ne quitte pas le PASTEF sous le coup de l’émotion. Cette décision est le fruit d’une longue réflexion. J’ai servi ce parti avec sincérité et patriotisme, sans jamais rechercher une fonction ou un avantage personnel. Aujourd’hui, ma conscience me pousse à poursuivre mon engagement d’une autre manière pour mieux servir notre pays.
Y a-t-il eu un conflit entre vous et Ousmane Sonko ou Birame Soulèye Diop ?
Serigne Gaye Ndiéguéne : Non il ne s’agit pas d’un conflit de personnes. Je garde du respect pour M. Ousmane Sonko, M. Birame Soulèye Diop ainsi que pour tous les responsables et militants du parti. Ma décision repose sur une réflexion personnelle et ma volonté de servir autrement le Sénégal.
Vous affirmez avoir proposé plusieurs projets. Pourquoi estimez-vous qu’ils n’ont pas été pris en considération ?
Serigne Gaye Ndiéguéne : Pendant des années, j’ai élaboré des propositions dans des domaines qui me tiennent à cœur : les Daaras, la jeunesse, le développement local, l’entrepreneuriat et la gouvernance citoyenne. J’ai regretté que ces contributions n’aient pas été vraiment prises en compte ou évaluées en profondeur. Je ne fais pas de reproche personnel, mais cela m’a amené à reconsidérer ma façon de m’engager pour le pays.
Certains diront que vous partez parce que vous n’avez obtenu ni poste ni investiture. Qu’en pensez-vous ?
Serigne Gaye Ndiéguéne : Je laisse chacun libre de son opinion. Mais ceux qui connaissent mon parcours savent que je me suis engagé par conviction, bien avant que le parti n’arrive au pouvoir. Si j’avais cherché des privilèges, je n’aurais pas attendu aussi longtemps pour prendre cette décision. Mon engagement a toujours été désintéressé, dédié au service de la nation.
Avez-vous été approché par d’autres partis politiques ?
Serigne Gaye Ndiéguéne : Comme beaucoup d’acteurs engagés, j’échange avec des personnes de sensibilités diverses. Le dialogue est naturel en démocratie. Mais ma décision n’est guidée par aucune négociation ou promesse. Elle émane uniquement de ma conscience.
Envisagez-vous de créer un nouveau mouvement politique ?
Serigne Gaye Ndiéguéne : Je travaille depuis longtemps sur une vision d’engagement citoyen, patriotique et spirituel. Le moment venu, je présenterai cette vision aux Sénégalais. Pour l’instant, je préfère respecter les étapes et ne pas faire d’annonces prématurées.
Envisagez-vous des alliances avec d’autres formations politiques ?
Serigne Gaye Ndiéguéne : Je reste ouvert au dialogue. En démocratie, les alliances peuvent être bénéfiques lorsqu’elles reposent sur des valeurs communes. Je ne participerai jamais à une alliance basée sur des intérêts personnels ou des calculs de circonstance. Toute collaboration doit respecter le respect mutuel, l’écoute et l’intérêt supérieur du Sénégal.
Êtes-vous désormais dans l’opposition ?
Serigne Gaye Ndiéguéne : Je ne me définis pas d’abord par rapport à un camp. Je me situe par rapport à des principes. Je soutiendrai toute initiative bénéfique pour le Sénégal, et j’exprimerai mes réserves avec responsabilité lorsque cela sera nécessaire.
Quel message adressez-vous aux militants du PASTEF ?
Gaye Ndiéguéne : Je leur suis profondément reconnaissant. Nous avons partagé des combats et des espoirs. Je leur demande de continuer à servir le Sénégal avec dignité, dans le respect des différences. Nos chemins peuvent diverger, mais notre amour du pays doit nous rassembler.
Quel est votre dernier mot ?
Serigne Gaye Ndiéguéne : Il est important de rappeler qu’à un moment difficile pour le PASTEF, j’ai fait un serment de fidélité. J’ai soutenu le parti jusqu’à ce qu’il sorte de ses turbulences et atteigne la victoire, en tenant cette promesse avec foi. Aujourd’hui, cette étape est terminée. Je quitte avec le sentiment du devoir accompli, convaincu que chaque homme doit savoir reconnaître le moment de changer de voie. Je pars en paix, fidèle à mes principes, à ma parole et à mon pays. L’histoire jugera mes actes, mais ma conscience est en paix.
Conclusion :
L’engagement de Serigne Gaye Ndiéguéne témoigne d’une vision sincère et profondément patriotique.
Son départ du PASTEF marque une étape nouvelle dans son parcours, portée par la conviction que chaque acteur doit savoir quand il est temps d’évoluer pour mieux servir la nation.
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Kaw Oumar Sarr