THIES Le 10/05 /2026
Face aux tensions politiques et institutionnelles que traverse le pays, il devient impératif
d’ouvrir une nouvelle étape fondée sur l’esprit de responsabilité, le dialogue et le compromis
national.

post La stabilité de l’État, la préservation de la cohésion nationale ainsi que la confiance des
citoyens et des partenaires internationaux exigent aujourd’hui une reconfiguration politique
apaisée, portée par l’ensemble des forces patriotiques attachées à l’intérêt supérieur de la
Nation.
Dans cette perspective, la mise en place d’un Gouvernement de Rectification et de
Responsabilité, reposant sur un cahier des charges clair et rigoureux, apparaît comme une
nécessité historique. Ce cadre devrait permettre de restaurer la sérénité institutionnelle, de
renforcer l’efficacité de l’action publique et de répondre avec lucidité aux urgences
économiques et sociales qui préoccupent les populations.
Ce gouvernement gagnerait à être dirigé par une personnalité consensuelle, crédible et
fédératrice, reconnue pour sa sagesse, son sens élevé de l’État, sa modération et son
attachement aux valeurs de paix civile et de justice sociale. Une figure capable d’inspirer
confiance et sérénité aux citoyens, de rassurer les partenaires du Sénégal et de bénéficier de
l’estime des différentes sensibilités politiques, sociales, religieuses et coutumières du pays.
Dans le contexte actuel, il convient également de rappeler avec clarté que les préoccupations
majeures exprimées par les citoyens portent davantage sur les mécanismes de gouvernance,
l’orientation de l’action gouvernementale et l’efficacité des politiques publiques que sur la
légitimité de la magistrature suprême elle-même.
Le président Bassirou Diomaye Faye demeure pleinement dépositaire de la souveraineté
populaire issue du suffrage universel. À ce titre, le respect dû à l’institution présidentielle
constitue une exigence républicaine fondamentale qui s’impose à tous les citoyens,
responsables publics, acteurs politiques et leaders d’opinion, quels que soient leurs positions
ou leurs responsabilités.
Toute atteinte répétée à l’autorité morale et institutionnelle de la Présidence de la République
fragilise inévitablement l’image de l’État, altère la confiance nationale et internationale,
affaiblit l’économie et expose le pays à des facteurs d’instabilité préjudiciables à la paix civile
et au développement.
Par ailleurs, le respect scrupuleux des procédures constitutionnelles et de la fiabilité des actes
législatifs demeure l’un des piliers essentiels de tout État de droit crédible et stable. À cet

égard, les interrogations suscitées autour des amendements relatifs aux textes L29 et L30,
notamment concernant la transmission à la Présidence de la République d’une version
considérée comme non conforme ou inexacte pour signature et promulgation, soulèvent une
question d’une extrême gravité institutionnelle.
Sans préjuger des responsabilités individuelles, un tel dysfonctionnement, s’il venait à être
établi, traduirait une défaillance préoccupante dans la chaîne de responsabilité parlementaire
au sein d’Assemblée nationale du Sénégal. Car la mission confiée aux institutions législatives
engage une responsabilité nationale et historique qui ne saurait tolérer ni approximation, ni
légèreté, encore moins des manquements susceptibles d’affecter la crédibilité de l’État et la
confiance du peuple dans ses institutions.
Les grandes Nations se construisent sur la rigueur institutionnelle, la culture de responsabilité,
le respect des procédures républicaines et la préservation constante de l’autorité morale de
l’État.
C’est pourquoi une meilleure répartition des responsabilités institutionnelles, fondée sur la
concertation, la discipline républicaine et le respect mutuel entre les pouvoirs publics, apparaît
aujourd’hui indispensable afin de consolider la gouvernance et de restaurer pleinement la
confiance nationale et internationale.
Une telle démarche contribuerait à dissiper les incertitudes qui ralentissent les
investissements, freinent les initiatives économiques et entretiennent les hésitations de
nombreux partenaires extérieurs.
Car les inquiétudes sont désormais perceptibles dans tous les secteurs de la société : cherté de
la vie, ralentissement du secteur privé, fragilités du climat médiatique, tensions sociales
récurrentes et radicalisation progressive du débat public dans un environnement numérique
souvent dominé par les excès et les confrontations permanentes.
Plus que jamais, la situation appelle à une dynamique continue de concertation, d’écoute et de
pédagogie politique auprès de toutes les composantes de la Nation, afin de préserver la paix
civile, renforcer la stabilité institutionnelle et ouvrir une nouvelle étape de confiance, de
responsabilité et d’espérance pour le Sénégal.

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CHEIKHOU OUMAR SALL
Président de SAM SUNU SÉNÉGAL